Les collectivités locales paieront les retraites des fonctionnaires de l’Etat qu’il leur a transférés depuis 2005
samedi 16 décembre 2006 à 14:48
Le gouvernement ne s’y était opposé ni au Sénat, ni à l’Assemblée.
Mais le Conseil constitutionnel l’a fait pour lui.
Les retraites de fonctionnaires TOS transférés aux collectivités locales en vertu de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales (article 108) ne seront finalement pas compensées par l’Etat à la CNRACL.
L’amendement, déposé au projet de loi de financement de la sécurité sociale par Claude Domeizel, sénateur des Alpes de Haute Provence, maire de Volx et président de la Caisse de retraite, aurait permis de soulager cette dernière de quelque 8 à 10 milliards d’euros.
Le texte adopté le 30 novembre dernier prévoyait (article 115) que «les fonctionnaires qui demanderont leur intégration dans la fonction publique territoriale relèveront du régime spécial de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales à compter de la date d'effet de l'intégration. Lorsqu'ils réuniront les conditions prévues par la réglementation de ce régime, ils pourront bénéficier d'une pension rémunérant les services effectifs accomplis, y compris sous le statut de la fonction publique de l'État, antérieurement à l'intégration. En contrepartie, une compensation financière intégrale des charges ainsi assurées pour le compte de l'État sera accordée à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales dans des conditions fixées par une loi de finances.»<br /> Ainsi, la disposition rejetée aurait imposé à l'État de prendre en charge l'intégralité des pensions versées, au titre des services accomplis sous le statut de la fonction publique de l'État, aux fonctionnaires demandant leur intégration dans la fonction publique territoriale.
La raison invoquée par les sages de la rue de Montpensier? Les amendements dont est issu l’article censuré «auraient dû être déclarés irrecevables dès leur dépôt au motif qu'ils avaient pour conséquence l'aggravation d'une charge publique.»
L’Etat pouvant, une fois de plus, se décharger sur elles alors qu’il s’agit de payer les retraites de ses propre fonctionnaires, reste à savoir comment les collectivités locales cotisant à la CNRACL pourront, elles, prendre en charge les 8 à 10 milliards d’euros correspondants…
Tout en n'augmentant, bien sûr, ni leurs dépenses -dans le collimateur d'un récent rapport commandé par l'Etat...-, ni leur fiscalité -vilipendée par certains...-.
Bon courage aux élus locaux du mandat 2008-2014.
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Posté dans Le fait du Jour
Décision Locale
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