Concours financiers de l’Etat- Les choses sérieuses se présenteront dans un an
lundi 17 septembre 2007 à 16:07
Devant le Comité des finances locales qui se tiendra le 25 septembre, le gouvernement devrait confirmer que l’indexation de la DGF sur l’inflation prévisionnelle de 2008 et 50% de la croissance (PIB estimé de 2007) sera reconduite en 2008 et que l’évolution «zéro volume» concernera bien l’ensemble des dotations du précédent contrat de croissance et de solidarité.
L’ensemble des mesures présentées devraient permettre de faire que l’ensemble des concours financiers (dotations incluses dans le contrat, dotations hors contrat et financement des divers dégrèvements de fiscalité) de l’Etat ne s’élèvent pas en 2008 à plus de 72 milliards d’euros.
Sous réserve d’une confirmation des données économiques retenues, l’enveloppe de la DGF devrait donc progresser de près de 2 points.
Malheureusement, cette hausse ne permettrait pas d’atteindre l’objectif d’affectation de 120 millions d’euros à la dotation de solidarité urbaine (DSU) ni, par voie de conséquence, une progression substantielle de la DSR.
Epuisement de la DCTP
Par contre, si aucune mesure n’était prise, ce choix aura pour conséquence d’épuiser en deux ans les crédits de la dotation de compensation de TP. Pour éviter cet écueil, le gouvernement envisageait d’intégrer à cette variable d’ajustement d’autres dotations, notamment la compensation correspondant à la réduction de la prise en compte de la «fraction de recettes de TP» (pour les entreprises soumises à des bénéfices non commerciaux). Cette compensation s’est élevée en 2007 à 475 millions d’euros. Avec ce renfort, la baisse de la «DCTP» ne serait que de 22% au lieu de 46%.
En outre, les services de l’Etat envisageaient d’y adjoindre, dès 2008, d’autres dotations telle que la compensation de la réduction pour création d’établissement (RCE) (qui s’élève en 2007 à 78 millions d’euros et correspond à l’ancienne dotation «réduction pour embauche et investissement» (REI) ou une ou plusieurs des compensations relatives à la taxe foncière, dont le montant en 2007 s’établit à 392 millions d’euros.
Recensement et régularisation négative
Il reste que cette opération pourrait obérer, pour 2009, les conditions de financement des concours financiers de l’Etat. Cette année-là en effet, il faudra bien faire face d’une part aux conséquences du recensement général de la population et très certainement à une régularisation négative importante de la DGF.
Une situation qui devrait rendre incontournable une réforme de la DGF pour cette échéance.
Même si ces difficultés se présenteront après les élections municipales, les élus y pensent dès aujourd’hui.
Or, dans cette perspective, certains espèrent que le groupe de travail sur les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales, présidé par Alain Lambert, sénateur de l’Orne et président de la Communauté urbaine d’Alençon, proposera des solutions pour le moyen terme.
En contournant, si possible, une difficulté majeure: celle, en remettant ses conclusions le 15 novembre prochain, de ne pas répondre à la demande des élus d’examiner les relations financières Etat-collectivités à l’aune des recettes alors que sa lettre de mission ne parle que des dépenses… Une lettre qui ne parle en effet que d’un «élargissement des marges de manœuvre des collectivités pour maîtriser leurs dépenses» et donc d’une «meilleure responsabilisation des acteurs sur la maîtrise globale des finances publiques.»
On comprend donc que, si depuis le début de l’été le contexte politique dans lequel la «mission Lambert» doit travailler a changé -essentiellement pour cause de proximité des municipales de 2008-, le gouvernement conserve bien l’ambition de mettre au pas les finances locales.
Reste à savoir si les élus y consentiront.
Lire notre dossier complet dans « Décision Locale » n° 626 du 17/9 au 23/9/2007 - Informations réservées à nos abonnés
Sous réserve d’une confirmation des données économiques retenues, l’enveloppe de la DGF devrait donc progresser de près de 2 points.
Malheureusement, cette hausse ne permettrait pas d’atteindre l’objectif d’affectation de 120 millions d’euros à la dotation de solidarité urbaine (DSU) ni, par voie de conséquence, une progression substantielle de la DSR.
Epuisement de la DCTP
Par contre, si aucune mesure n’était prise, ce choix aura pour conséquence d’épuiser en deux ans les crédits de la dotation de compensation de TP. Pour éviter cet écueil, le gouvernement envisageait d’intégrer à cette variable d’ajustement d’autres dotations, notamment la compensation correspondant à la réduction de la prise en compte de la «fraction de recettes de TP» (pour les entreprises soumises à des bénéfices non commerciaux). Cette compensation s’est élevée en 2007 à 475 millions d’euros. Avec ce renfort, la baisse de la «DCTP» ne serait que de 22% au lieu de 46%.
En outre, les services de l’Etat envisageaient d’y adjoindre, dès 2008, d’autres dotations telle que la compensation de la réduction pour création d’établissement (RCE) (qui s’élève en 2007 à 78 millions d’euros et correspond à l’ancienne dotation «réduction pour embauche et investissement» (REI) ou une ou plusieurs des compensations relatives à la taxe foncière, dont le montant en 2007 s’établit à 392 millions d’euros.
Recensement et régularisation négative
Il reste que cette opération pourrait obérer, pour 2009, les conditions de financement des concours financiers de l’Etat. Cette année-là en effet, il faudra bien faire face d’une part aux conséquences du recensement général de la population et très certainement à une régularisation négative importante de la DGF.
Une situation qui devrait rendre incontournable une réforme de la DGF pour cette échéance.
Même si ces difficultés se présenteront après les élections municipales, les élus y pensent dès aujourd’hui.
Or, dans cette perspective, certains espèrent que le groupe de travail sur les relations entre l’Etat et les collectivités territoriales, présidé par Alain Lambert, sénateur de l’Orne et président de la Communauté urbaine d’Alençon, proposera des solutions pour le moyen terme.
En contournant, si possible, une difficulté majeure: celle, en remettant ses conclusions le 15 novembre prochain, de ne pas répondre à la demande des élus d’examiner les relations financières Etat-collectivités à l’aune des recettes alors que sa lettre de mission ne parle que des dépenses… Une lettre qui ne parle en effet que d’un «élargissement des marges de manœuvre des collectivités pour maîtriser leurs dépenses» et donc d’une «meilleure responsabilisation des acteurs sur la maîtrise globale des finances publiques.»
On comprend donc que, si depuis le début de l’été le contexte politique dans lequel la «mission Lambert» doit travailler a changé -essentiellement pour cause de proximité des municipales de 2008-, le gouvernement conserve bien l’ambition de mettre au pas les finances locales.
Reste à savoir si les élus y consentiront.
Lire notre dossier complet dans « Décision Locale » n° 626 du 17/9 au 23/9/2007 - Informations réservées à nos abonnés
Posté dans Cette semaine dans "Décision Locale"
Décision Locale
un commentaire