Inscriptions électorales: l'effet Présidentielle

mercredi 28 mars 2007 à 18:53
1,78 million de nouveaux électeurs (+4,23% par rapport à 2006) pourront voter à la présidentielle et aux législatives. Il s'agit de la hausse la plus élevée enregistrée depuis l'année 1981... Un phénomène dont on est sûr qu'il pèsera lourdement dans l'issue du scrutin. Sans qu'on sache dans quel sens...
Que cache la visible minimisation par le ministère de l’Intérieur de l’évolution du nombre d’inscrits sur les listes électorales (1,78 million d’électeurs supplémentaires), arrêtées dans chaque commune au 28 février 2007 ?
Nos lecteurs pourront télécharger ici ces statistiques départementales qui montrent que le paysage électoral pourrait, de ce fait seul, bouger selon des lignes de fracture bien peu traditionnelles.
Celles-ci montrent en effet une hausse de 4 ,23% par rapport aux listes de 2006.
Une hausse en réalité plus que sensible: deux points de plus qu’en 2002, et même +0,5 point de plus que la meilleure progression enregistrée dans une année d’élection présidentielle, en 1981, voici 26 ans ! (1)-.
Or, cette croissance n’est qualifiée par le ministère dans son communiqué du 27 mars, que d’«habituelle» en année d’élection présidentielle…
Est-ce à dire que l’ex-ministre, le désormais candidat «libre de parler aux Français», craint que cette hausse cache trop d’électeurs hostiles à sa candidature et ne lui soit fatale le 22 avril, voire le 6 mai -s’il accède au second tour ?
Et qu’il est, au final, toujours bien présent place Bauveau, où François Baroin l’a pourtant remplacé le 26 mars? Pourtant, le renfort des inscriptions nouvelles de Français établis hors de France sur les listes consulaires et communales, et traditionnellement favorables à la droite, devrait le rassurer: 820.000 inscrits en 2007 contre 660.000 en 2006, soit une hausse, véritablement canon, de 17,7% !

Disparités départementales
Pour le ministère, «outre l’attractivité des scrutins présidentiel et législatifs, la hausse s’explique notamment par l’accession à la majorité de classes d’âge plus nombreuses et par les mesures d’incitation à l’inscription.»
Au total, environ 43,97 millions de Français vivant en Métropole seront donc appelés aux urnes le 22 avril prochain, contre 42,18 millions d’inscrits au 31 décembre 2005.
Toujours selon le ministère de l’Intérieur, des disparités recoupent aussi le dynamisme démographique des départements. «Si aucun département ne connaît de diminution du nombre d’inscrits, la hausse recouperait les clivages démographiques entre départements», affirme la place Bauveau.
Voire…
A y regarder de plus près, on note que, pour les 35% de départements de métropole qui se trouvent au dessus de la moyenne nationale de progression du nombre d’inscrits, la hausse est totalement déconnectée du dynamisme de la démographie dont parle le ministère. Ainsi, pour Paris, où la hausse des inscrits frise les 10% en un an, la hausse de population n’atteignait que 0,2% (2005/2004). Même chose pour les départements de la petite couronne parisienne, qui affichent des scores de +8,5% (Seine-Saint-Denis) pour une progression de population de 0,9% seulement, ou de +7,9 % (Hauts-de-Seine…) pour une hausse démographique de 1%.
On voit donc bien que la progression des inscriptions n’est pas naturelle ou simplement mécanique, elle recouvre une volonté réelle pour ces nouveaux électeurs de participer, quelle que soit d’ailleurs leurs tendances politiques, de peser dans le débat électoral.

Paris et les DOM-TOM se détachent
Comme en 2006, la hausse la plus forte est enregistrée dans les départements de la région parisienne, avec une augmentation partout supérieure à 5 %. Paris se détache (+ 9,6 %), devant la Seine-Saint-Denis (+ 8,5 %) et les Hauts-de-Seine (+ 7,9 %). On relève du reste que sur l’ensemble du territoire, 37 départements (35% du total) affichent cette hausse supérieure à 5%. Et que 51 départements (48%) présentent une hausse supérieure à la hausse moyenne (4,23%).
Les départements du Sud-Est (dont Rhône +7,1 %, Alpes-Maritimes +6,5 % et Bouches-du-Rhône +5,9 %) et, dans une moindre mesure, les départements urbains du Sud et du Sud-Ouest (dont Gironde +5,8 %, Haute-Garonne +5,5 % et Hérault +4,9 %) sont les plus dynamiques, de même que certains départements et collectivités d’outre-mer (Mayotte +11,9 %, Guyane + 11 %, La Réunion +6,4 %).
En revanche, plusieurs départements à dominante rurale, connaissent des hausses limitées (Creuse +0,3 %, Haute-Marne +0,4 %, Cantal +0,8 %), de même que certains départements plus urbains (Pas-de-Calais +1,2 %, Seine-Maritime +2,3 %, Nord +2,6 %).
Posté dans Le fait du Jour
Décision Locale

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