Hold-up au café du coin: 10 millions d’euros de butin !

jeudi 26 octobre 2006 à 15:41
«C’est curieux, chez les ministres du Budget, ce besoin de faire des cadeaux aux cafetiers avec des impôts revenant aux communes…»
Dans la dernière édition de notre hebdo Décision Locale (23/10), nous rendions un hommage appuyé au prince de l’écriture qu’était Michel Audiard – tout les fanatiques des «Tontons flingueurs» auront reconnu en début d'article le commentaire de Francis Blanche sur les marins et leur besoin (curieux) de faire des phrases…-.
Certes, l’humour peut paraître déplacé lorsqu’on parle de fiscalité locale. Mais, nous en sommes persuadés à la rédaction de Décision Locale, il ne l’est pas tant que çà.
On peut d’ailleurs se demander si l’humour ne va plutôt se nicher dans le communiqué de Jean-François Copé qui, commentant la captation par l’Etat de la taxe communale sur les appareils automatiques, parle, apparemment sans rire, de «renouer avec la tradition de convivialité des bars»... et de créer 600 emplois (comment ?).
Proposant de détourner au profit de l’Etat quelque 10 millions d’euros de ressources dévolues aux collectivités locales, le ministre délégué au Budget semble être allé, lui aussi, à l’école Audiard.
Surtout lorsqu’il se fait photographier les mains crispées sur le babyfoot chez «Marilou et Jeannot» à Saint Ouen (çà ne s’invente pas…). Est-ce manquer de respect à un ministre, fut-il délégué, de la République que de le comparer à un «tonton flingueur»?
La question mérite d’être posée.
Voici ma réponse : non.
En début d’année, le ministre visé et ses collègues ont fait la promotion effrénée, la main sur le cœur, de relations pacifiées entre l’Etat et les collectivités, à travers une Conférence nationale des finances publiques – dont on attend avec intérêt la seconde édition -, promettant notamment qu’aucune modification des ressources locales ne se ferait sans «étude d’impact». Or, d’étude d’impact, point.
Une sorte de «bourre-pif», en pleine paix, quoi…
De même, on constate que le Comité des finances locales aurait dû être informé de ce projet gouvernemental lorsque le même ministre et son collègue Breton avaient présenté, à la mi-septembre, les dispositions visant les collectivités locales dans le PLF pour 2007.
Or, d’information, point non plus.
Il est vrai que le gouvernement - et ses prédécesseurs comme pour la suppression de la taxe locale sur les débits de boisson – n’en est pas à son coup d’essai.
Pourquoi du reste se priver de, littéralement, prendre les élus pour des imbéciles, lorsque ceux-ci arpentent les estrades en poussant des cris d’orfraie sur les hold-up que perpétue l’Etat sur les finances locales et, lorsqu’ils sont parlementaires, votent comme un seul homme les dispositions incriminées ?
On en connaît. On a même les noms.
Donc, on admettra que l’on compare notre ministre à ces escrocs si sympathiques qui, sous la férule de Michel Audiard, nous emportent sur les rivages de l’humour (politique, cette fois).
On peut même se demander s’il ne nous prépare pas autre chose: « Vous avez beau dire, y’ pas que d'la pomme ! Y’a aut’chose ! Ca s’rait pas des fois de la betterave ? - Si ! Y’en a aussi.... » Reste à savoir si, dans ce cas, les élus ne vont pas se dire qu’ils ne «correctionnent» plus mais qu'ils «dispersent», bref, qu'ils «ventilent».
Enfin... Tant qu’ils n’en veulent pas assez au ministre délégué pour qu’on le retrouve aux quatre coins de Paris, façon puzzle…
Posté dans Coup de Gueule
Décision Locale

Commentaires

  1. Michel Berenguer a écrit:
    N'hésitez pas nous faire connaître votre point de vue sur cette question. D'autant que, dans notre prochaine édition (30/10), nos lecteurs trouveront un nouvelle raison de regimber; cette fois, contre les effets réels de la réforme de la taxe professionnelle qui s'appliquera en 2007. Changeant de registre, nous convoquerons alors le divin Marquis de Sade...
  2. TzdnCMFNeDMdeKh a écrit:

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